Le contexte énergétique français est marqué par une forte dépendance aux énergies fossiles, qui fait peser la double menace du changement climatique et de la raréfaction des ressources, et une importance unique à l’échelle mondiale de l’énergie nucléaire dont les coûts et les dangers démontrent ses limites en tant que solution « miracle ». Au vu de ces enjeux, la refonte profonde des modes de production et de consommation énergétiques apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur de la transition vers une société plus écologique, plus efficace, plus juste et plus démocratique. Pour faire face à ces défis plutôt que de les subir, une politique énergétique ambitieuse doit ainsi être menée autour de trois piliers indissociables : réduction de la demande, réorientation des modes de production et protection des plus vulnérables.
Il s’agit tout d’abord de découpler la satisfaction des besoins élémentaires (mobilité, chauffage résidentiel, production industrielle) de l’utilisation massive d’énergie en adoptant des politiques volontaristes et des mesures incitatives en faveur de l’efficacité énergétique et de modes de vie plus sobres. Il s’agit également de repenser les modes de production énergétique en organisant une réduction rationnalisée de la part du nucléaire au vu des coûts complets de la filière (y compris les coûts réels du démantèlement des centrales, du stockage des déchets, de l’approvisionnement en uranium et de sécurité) et en favorisant le développement des énergies renouvelables. Il s’agit enfin de mettre en place des mécanismes de solidarité et d’accompagnement pour lutter contre la précarité énergétique des ménages les plus pauvres dont le pouvoir d’achat est particulièrement affecté par le poids des dépenses énergétiques contraintes.